vendredi, mai 09, 2008

Je n'ai pas le temps de me consacrer à l'écriture, reprendre ce que j'ai écrit et le retravailler , je ne suis pas débordée mais mon temps est toujours limité, parcellisé. Ce sont des fragments que j'écris et cette façon là me convient. Des instants dans le jardin, un vol d'oiseau, et mon paysage intérieur
presque toujours la mer et le vent. Je ne me vois pas dans mon paysage intérieur. C'est bizarre, je me demande si les autres arrivent à se voir. Il y a comme des lieux de stockage d'informations bien délimités d'un côté tout ce qui est structuré, raisonnable, et qui constitue le chemin que j'ai construit depuis le début, c'est à dire dès que j'ai pris conscience que personne ne pouvait vivre ma vie à ma place, qu'on était définitivement seul avec sa volonté et qu'il était indispensable pour se construire de donner du sens à sa vie, d'avoir une structure solide , et d'éliminer une bonne fois pour toute le spectre obstiné de la haine qui saccage les relations privées et publiques.Cela je l'ai découvert assez vite, j'ai toujours été choquée d'entendre la plupart des gens tenir des propos haineux et quasiment fanatiques sur tout ce qui ne constituait pas - sa propre religion-sa famille-son village- sa ville- son pays -sa race- sa classe sociale- et cela multiplié par autant de personnes qui chacune à un avis sur tout et pratique la haine ordinaire et quotidienne, à sa façon
en accusant, en critiquant systématiquement en adoptant une attitude cynique en banalisant des
propos , des préjugés sans jamais prendre la distance nécessaire . Les autres sont toujours coupable de toutes façons d'être juif, noir, arabe, femme , etc... etc..La haine précède et prédetermine l'objet qu'elle se fabrique , le sale juif, le sale arabe, la femme trop ceci, ou trop cela
Aucun être n'est parfait, on peut comprendre ce fanatisme, ce rejet, cette peur de l'autre, cette peur de l'altérité.
Quand elle est masquée par l'amour que l'on prétend porter à l'autre elle est pire que tout.
Aux femmes elle demande de se masquer, de ne jamais parler trop fort, de se fondre dans les règles , de ne jamais remettre en cause la toute puissance masculine, de ne pas éprouver trop de plaisir, trop de joie, de se vouer à l'informe, aux travaux de femmes, de s'ensevelir dans le silence. Et d'élever les enfants, de disparaître sous un voile. Aux autres elle demande surtout de se fondre dans le paysage. C'est comme ça qu'on aime les autres. Surtout les étrangers.C'est dramatique et ridicule qu'on en soit encore là, dans le tout ou rien, et que cela continue de constituer le lien social par excellence.

1 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Quand les hommes vont commencer à se battre l'eau raréfiée ils se souviendront peut-être de ce temps si précieux et si perdu qu'ils n'auront pas su prendre à se parler ensemble du fond du coeur, comme de la chance unique.

11:40  

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