mardi, avril 15, 2008

Je voudrais une gomme très douce pour le dessin. Ce sont des fleurs vous comprenez. Des Iris.
J'ai relu "mon nom est rouge" de Pamuk, j'ai oublié de noter les phrases que je trouve belles. Je vais donc le relire . Pas tout de suite. Un de ces jours. Le retour à la solitude pour travailler est-il fécond? Plus on va loin, plus le vécu est singulier, personnel, unique . Dans le sillage du mistral les cigales sont mortes. Je n'ai jamais vu de cigale mourir. Il restait quelques grillons près des rocailles. L'enfant qui avait grandi depuis l'année dernière ne s'intéressait plus aux cigales. C'était fini. Et il était inutile de lui rappeler la passion qu'il avait des insectes l'été précédent. Dès qu'il en voyait une il l'attrapait & la mettait dans une boite. Le soir dans son lit, à la lueur d'une lampe il sortait ses trésors & les regardait. Je me disais que cet enfant était un peu bizarre. Il les regardait pendant des heures. En silence. Ses parents étaient sortis & nous devions rester avec cet enfant qui ne parlait pas , les cigales de l'après-midi étalées sur son lit. Par moment il demandait où était sa mère. Nous répondions au restaurant. Il redevenait mutique. Avec de la ficelle il avait lié les pattes des cigales.
Jamais un enfant ne m'avait fait cet effet là, quelque chose de cruel . Je n'ai jamais compris la cruauté des gens. Ceux qui ne peuvent faire autrement. Liés à leur propre cruauté. Une pulsion qui pousse à agir de cette façon-là. C'est aujourd'hui un bel adolescent. Sa mère est morte entre-temps. Il ne s'intéresse plus du tout aux cigales, il a l'habitude de les entendre tout l'été, il ne se rappelle de rien. A cet âge là, les souvenirs n'ont aucun besoin d'être célébrés.

1 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Tu en parles trop bien de l'enfant aux cigales..pour qu'il ne soit pas un peu toi.
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12:41  

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