Papiers pliés froissés colorés tâchés. Un bruit de semailles sur ce qui est sans images seulement papier
Étiquettes feuilles papiers fins et désordonnés,
Entrevue qui ne mène à rien. Regards. Un seul souffle. Regards qui se risquent en coin, de loin, avec sourires mais un livre dans les mains. Par un détour les regards se croisent. S'attirent d'une douceur oscillante et l'on voudrait tenir à distance l'aimant pour ne pas aller trop loin, pour ne pas tomber. Le désir est une morsure au cœur. Une réflexion de la même solitude. D'un rivage de solitude à l'autre avec des reptiles au milieu. Les oiseaux sont ailleurs, désertant ce qui est pour eux trop compliqué. Que peut faire un oiseau d'un amour qui ne se dit pas? Qu'est-ce que le désir pour un oiseau. Aller de branches en branches, survoler les grandes marées, reconnaître les arbres sans savoir leurs noms. Toujours en équilibre au-dessus des mots. Monsieur en extase sur la couverture me regarde : typographie noire, lettres grasses sur papier cartonné, tâché, un peu d'encre noire c'est un livre, c'est un cadeau, remis en partage (de quoi exactement Monsieur?) il est là sur ma table, dans un accommodement précaire avec celui qui brille à coté : Le Haut-Pays et mes sentiments pour chacun d'eux, entrecroisements, tissages si différents de mots. Voyages si différents de l'écriture du monde. Ainsi va l'équilibre instable, le sourire contraint mais qui attend Miroir. Autre feu sans flamme. Visage sans mots. Car les mots sont le risque (en poésie). Touchent la fleur qui se rétracte.
Monsieur en extase sur la couverture, Marie-Christine Siffert, ed. J. Brémond.
Le Haut-Pays suivi de La traversée du Tsangpo, André Velter, Gallimard.
Étiquettes feuilles papiers fins et désordonnés,
Entrevue qui ne mène à rien. Regards. Un seul souffle. Regards qui se risquent en coin, de loin, avec sourires mais un livre dans les mains. Par un détour les regards se croisent. S'attirent d'une douceur oscillante et l'on voudrait tenir à distance l'aimant pour ne pas aller trop loin, pour ne pas tomber. Le désir est une morsure au cœur. Une réflexion de la même solitude. D'un rivage de solitude à l'autre avec des reptiles au milieu. Les oiseaux sont ailleurs, désertant ce qui est pour eux trop compliqué. Que peut faire un oiseau d'un amour qui ne se dit pas? Qu'est-ce que le désir pour un oiseau. Aller de branches en branches, survoler les grandes marées, reconnaître les arbres sans savoir leurs noms. Toujours en équilibre au-dessus des mots. Monsieur en extase sur la couverture me regarde : typographie noire, lettres grasses sur papier cartonné, tâché, un peu d'encre noire c'est un livre, c'est un cadeau, remis en partage (de quoi exactement Monsieur?) il est là sur ma table, dans un accommodement précaire avec celui qui brille à coté : Le Haut-Pays et mes sentiments pour chacun d'eux, entrecroisements, tissages si différents de mots. Voyages si différents de l'écriture du monde. Ainsi va l'équilibre instable, le sourire contraint mais qui attend Miroir. Autre feu sans flamme. Visage sans mots. Car les mots sont le risque (en poésie). Touchent la fleur qui se rétracte.
Monsieur en extase sur la couverture, Marie-Christine Siffert, ed. J. Brémond.
Le Haut-Pays suivi de La traversée du Tsangpo, André Velter, Gallimard.


4 Comments:
les regards qui se croisent
ne s'entremêlent pas
systématiquement
Mais oui heureusement ;)
Très beau texte qui me laisse sans voix... si non je retiens "Le désir est une morsure au cœur" et qui sait peut-être que pour les oiseaux cette morsure est aussi une morsure irrévocable...
merci
Siffert connais pas
Velter... je connais et aime.
Bises à toi
Velter nous aurons un petit texte de lui dans le prochain Bacchanales...
J'aime bien aussi! bonne soirée (encore chaud par ici mais comme c'est beau le soir!)
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