jeudi, décembre 30, 2010


Belles journées de ski, passées aux Arcs en Tarentaise. Un grand chalet aux pieds des pistes avec  ma cousine Brigitte, Polo et leurs grands enfants  et amis, c'était vraiment sympa, chaleureux et nous avons profité du beau temps et de la neige fraiche pendant 3 jours. Au retour, arrêt improvisé à Chignian en Savoie,  visiter les frères qui font du vin (mais ils font tous du vin là-bas, et ont tous le même nom) goûter et acheter quelques cartons histoire de remplir la cave. Demain j'ai proposé à Christophe et sa femme Brigitte de venir réveillonner avec nous, mais rien prévu encore car nous venons de rentrer. Il va falloir que je réfléchisse vite fait pour organiser un repas, peut-être une belle poularde au vin jaune, un gratin de cardons à la moëlle (Huummm). Bref un truc simple et bon. Ce soir c'est raclette vu que nous revenons de Savoie. Facile, convivial et bon. Avec le Chignian of course.
Photo : © Vincent Munier - www.vincentmunier.com
L'ours reste un animal mythique en Haute-Savoie
Selon Bernard Prêtre, il y avait près de 300 ours en 1800 dans toutes les Alpes françaises.
  • 26-30 ours vivraient dans l'Oisans et sa périphérie (Isère et Drôme).
  • 28-30 entre la Tarentaise, les Bauges et le Beaufortain (Savoie et Haute-Savoie).
  • 20 en Chartreuse (Savoie et Isère).
  • 40-45 en Trièves - Dévoluy - Champsaur - Gapençais (Hautes-Alpes, Isère et Drôme).
  • 40 entre Haute Maurienne, Briançonnais et Queyras (Savoie et Hautes-Alpes).
  • 60 en Vercors (Drôme et Isère).
  • 66-70 entre Basse Maurienne, Hurtières et Belledonne (Savoie et Isère).
Soixante ans plus tard (date charnière marquant le véritable déclin de l'ours des Alpes), les ours sont toujours présents dans les massifs évoqués précédemment mais en moins grand nombre : il serait 70 au maximum. Leur répartition serait la suivante :
  • 5 ours en Oisans
  • 9 entre Tarentaise, Beaufortain et Bauges
  • 4 en Chartreuse
  • 9-10 entre Trièves et Gapençais
  • 5 à 10 entre Haute Maurienne, Briançonnais et Queyras (un ours fut tué en 1850 à Névache dans la vallée de la Clarée)
  • 20 en Vercors
  • 12 entre Basse Maurienne et Belledonne.
Les noyaux les plus importants furent donc ceux du Vercors, de Belledonne-Hurtières-Basse-Maurienne et de Trièves-Dévoluy-Champsaur (une femelle et deux oursons sont aperçus en 1840 à Saint-Firmin dans la vallée du Valgaudemar). Les populations du Vercors et du Trièves sont encore connectées. Ces massifs sont appréciés et fréquentés par les ours car ils possèdent de vastes forêts primitives très tranquilles et à l'abondante nourriture ; un relief tourmenté avec des vires, des falaises et des cavités pour se cacher (lors des battues par exemple), hiberner et mettre bas en toute quiétude ; un système intéressant de plusieurs vallées reliées par de nombreux cols où les possibilités d'échapper aux chasseurs sont importantes.
En 1900, l'ours a disparu du secteur Tarentaise-Beaufortain-Bauges : le dernier ours (153 kg) fut tué à la montagne du Charbon (commune de Doussard), dans le massif des Bauges (Haute-Savoie), en 1887.
Il resterait un ours erratique en Oisans ; deux ours en Trièves-Dévoluy-Champsaur-Gapençais (le dernier ours de ce secteur fut abattu en 1895 à Prapic, sur la commune d'Orcières) ; un ours en Chartreuse ; deux plantigrades entre Haute Maurienne et Briançonnais ; mais toujours 7 ours en Vercors et 4 en Belledonne-Hurtières-Basse Maurienne. Les 3 derniers noyaux "actifs" sont ceux du Vercors, d'Hurtières et du Trièves.
En Vercors, les deux dernières captures du massif eurent lieu à cette époque : en 1898, un ours est tué au Grand Veymont par un berger ; et en 1901, un ours mâle de 20 mois (33 kg seulement) est tué au col de l'Arc (Villard-de-Lans).
Moins de 20 ours sont donc présents à cette époque dans les Alpes. La fin de l'ours dans les Alpes françaises semble imminente...
  • 1920
En 1920, 5-6 ours sont "encore" présents dans les Alpes françaises : 2-3 dans le Vercors, 2 en Basse Maurienne-Hurtières-Belledonne et 1 en Haute-Maurienne. L'ours disparut des autres massifs dans les années 1910.
En Basse Maurienne-Hurtières-Belledonne, les deux dernières captures furent celle du 2 novembre 1919 aux Hurtières où une femelle de 130 kg fut abattue et celle du 13 août 1921 à Montgelaffrey (Maurienne) où une vieille femelle de 105 kg fut tuée. En Haute Maurienne, la dernière observation rapportée date de 1927 à Bonneval, plus précisément aux Buffettes.
  • 1930
En 1930, l'ours des Alpes n'est plus présent que dans le massif du Vercors avec probablement 2 individus. Il n'y en avait probablement plus qu'un seul en 1940.
La dernière observation fiable des Alpes françaises date de la fin du mois septembre 1937, avec l'observation d'un ours sur la commune de Saint-Martin-en-Vercors, au nord du massif du Vercors.
  • Après 1930
Plaque commémorative rappelant que dans les Alpes françaises, l'ours a été vu pour la dernière fois sur la commune de Saint-Martin-en-Vercors, en 1937.
" 1937 l'ours disparaît.
1987 se souvient et espère... "
Photo : © Mathieu Krammer - Saint-Martin-en-Vercors (Drôme) - 7 septembre 2008.
Il est possible que quelques ours "fantômes" aient encore survécu dans le Vercors, en Basse-Maurienne, voire en Chartreuse ou dans quelques coins reculés des Hautes-Alpes, durant la seconde guerre mondiale. Mais dès 1945, l'ours a totalement disparu des Alpes françaises.
(extrait du site  
http://www.carnivores-rapaces.org/Ours/dispalpes.htm)

      6 Comments:

      Anonymous michel, à franquevaux. said...

      Alors, meilleure année les ours et aussi pour vous Wanchaï.

      23:40  
      Anonymous maria-d said...

      Bonne et heureuse année, qu'elle te soit fructueuse et de bonheur.
      Bises

      06:23  
      Anonymous w. said...

      tous mes vœux de bonne et heureuse année aussi, la réalisation de vos rêves les plus beaux
      Bien à vous Maria D et Michel.

      14:39  
      Blogger jean-luc saint-marc said...

      Curieuse cette juxtaposition entre un séjour familial en milieu hostile sécurisé et la disparition d'une espèce de son vaste territoire ...

      Deux histoires distinctes à lire d'un trait ; un exercice qui laisse des traces.

      Que vivent longtemps nos contradictions, utiles à la construction.

      08:16  
      Anonymous w. said...

      Difficile de te répondre car il y a beaucoup de « non dits » dans ton com. Tu pointes la contradiction qui est le propre de l'homme. Et surtout de la femme! et la mise en parallèle de 2 univers le sauvage hostile transformé en sécurisé (de luxe)pour permettre à des touristes de venir passer du bon temps. C'est une vallée hostile c'est vrai, et je me suis simplement posé la question des ours, qui étaient fort nombreux dans toutes ces vallées il n'y a pas si longtemps, l'ours que l'on ne voit plus que comme une effigie, une image mythique et qui a été exterminé de ses territoires. Pour exister l'homme (les 60milliards d'humains) à en main la prédation, le mensonge, la ruse, l'agilité, la peur, le courage, la folie, la course, le désespoir, l'exclusion de l'autre, et cette façon de s'accrocher à la vie et d’en jouir jusqu’à la dernière minute etc. et aussi désormais ... ce devoir de mémoire (une fois les meurtres accomplis)comme si cela suffisait.
      Que te dire d'autre? Peut-être que si j'avais été dans une vieille station du Queyras pour 2jours de ski je n'aurais pas pensé aux ours,
      pourtant le problème me semble être le même.

      10:37  
      Blogger jean-luc saint-marc said...

      Bien entendu que le problème reste le même. Les derniers grands vertébrés n'ont plus que les derniers sommets pour refuges. L'aigle royal, le loup se rencontraient en plaine avant que l'homme ne les exterminent. Les vieux démons sont toujours là : les gestionnaires des tourismes vert, blanc ou bleu transmettent leurs traditions et entretiennent leurs craintes ancestrales et leur sentiment de puissance sur la nature, malgré les baffes qu'elle leur inflige régulièrement. Les touristes trimballent leurs légendes et leur propre inculture de la sauvagerie. Les agents forestiers, en plaine, font bien de la prévention pour que les gens réalisent que le bambi-avé-les-grandes-cornes peut très bien les éventrer s'ils s'approchent de trop ...

      Oui, comme si cela suffisait ...
      Ton rappel historique est, bien entendu, nécessaire !
      amicales pensées

      12:00  

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